Plancher intermédiaire est insuffisant dans le rapport

Description du problème

Plancher intermédiaire non isolé est noté insuffisant dans le rapport alors qu’il donne sur une surface habitable chauffé

Bonjour Alexis,

Est ce que vous pouvez nous transmettre le nom du projet sur l’intégralité de vos demandes svp ?

Bien à vous,

Timothée

Bonjour le nom du projet et JAMAIN boismorand et c’est le même projet pour les 3 demandes

Oui, il y a une vraie nuance à avoir ici.

La mention “insuffisante” ne veut pas forcément dire que ce plancher génère, dans le calcul 3CL, une forte déperdition vers l’extérieur. Elle veut surtout dire que la paroi elle-même est thermiquement peu performante, car elle est décrite comme “plancher bois sur solives bois non isolé”. Dans le guide DPE, les indicateurs d’enveloppe sont classés à partir du U de la paroi : pour les planchers, un niveau est jugé insuffisant lorsque U ≥ 0,65 W/m².K.

Autrement dit, le logiciel regarde d’abord la qualité intrinsèque de la paroi. Or un plancher bois sur solives sans isolation a, par nature, un niveau de transmission thermique défavorable par rapport à un plancher isolé. C’est donc cohérent qu’il soit affiché en insuffisant du point de vue “isolation”, même avant de raisonner sur ce qu’il y a en dessous.

Ensuite, la méthode 3CL distingue bien cette qualité de paroi de son caractère déperditif réel. Les déperditions sont calculées avec la formule des planchers bas DP_plancher_bas = Σ b × S × U, où b est le coefficient de réduction des déperditions selon le local en dessous ou au contact. Donc, même avec un U mauvais, l’impact énergétique final peut être réduit si la paroi donne sur un volume peu ou non déperditif.

Le guide auditeur rappelle justement qu’une paroi donnant sur un volume intérieur non chauffé ou un volume non intérieur est considérée comme déperditive et qu’il faut alors calculer b. Mais il précise aussi qu’un local qui ne donne ni sur l’extérieur ni sur le sol (Aue = 0) est considéré comme chauffé, et dans ce cas la paroi qui le sépare du logement n’est pas déperditive.

C’est probablement là que se joue votre cas :

  • si le local du dessous est bien un local à usage d’habitation chauffé, alors en logique 3CL, la séparation n’est pas une paroi déperditive ou a un impact thermique très limité selon le cas modélisé ;

  • mais la ligne d’état de l’enveloppe peut quand même afficher “insuffisante” parce qu’elle qualifie le niveau d’isolation du plancher lui-même, pas seulement la déperdition nette du bâtiment.

En pratique, ça veut dire ceci :
ce plancher est jugé insuffisant parce qu’il est non isolé, donc avec une performance intrinsèque faible au regard des seuils de classement des planchers. En revanche, son impact sur le DPE global peut être faible voire nul si le local inférieur est réellement chauffé et non déperditif au sens 3CL.

Il y a aussi un deuxième point à garder en tête : le guide DPE recommande, pour les planchers bas donnant sur local non chauffé ou extérieur, des niveaux minimaux de résistance thermique de l’ordre de R = 3 m².K/W en rénovation, ce qui montre bien qu’un plancher non isolé est très loin du niveau attendu aujourd’hui. Même si votre cas est sur local chauffé, ça confirme pourquoi le moteur considère qu’un plancher bois non isolé est qualitativement faible.

Donc, la réponse la plus juste est :

Ce plancher est classé “insuffisant” car la 3CL/les outils qui s’y appuient évaluent d’abord la qualité thermique intrinsèque de la paroi, et un plancher bois sur solives non isolé est en dessous des seuils attendus pour un plancher performant. Le fait qu’il donne sur un local non déperditif peut réduire fortement, voire annuler, son impact sur les déperditions du logement, mais ne transforme pas pour autant sa qualité d’isolation en “bonne”.

Bien à vous,

Timothée